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Clara

Publié le par moijedis

Machinalement, je m'étais approché de la porte-fenêtre légèrement entrouverte, afin de profiter de l'air plus respirable qui commençait enfin à pénétrer la maisonnette. J'avais loué cette résidence d'été dans le centre du pays, un charmant petit village de vignobles aux habitants naturellement aimables et accueillants. Loin du tumulte de Paris, je me ressource et apaise mes pensées embrumées. La main droite posée sur la poignée de la porte coulissante, la main gauche étant occupée à entourer mon verre de Spritz glacé. C'est alors, qu'en levant les yeux, attiré par une lumière orangée de la maison voisine, j'ai eu le privilège exclusif d'assister à un spectacle digne des plus grands cabarets. Le soleil se couchait doucement, la fenêtre éclairée du deuxième étage ne pouvait qu'éveiller ma curiosité. Un filtre blanc, sous forme de courts rideaux de dentelle, ajoutait un soupçon d'érotisme au spectacle intimiste qui s'offrait à moi. Le moi ne figurait probablement pas au programme, j'avais investi les lieux que depuis une journée et demie. La demeure prend vie par périodes à des dates aléatoires. Alors que sur écran nous sommes constamment envahis de scènes plus ou moins torrides, j'avais ici l'avantage d'assister pour de vrai à une chorégraphie sensuelle de chair et de grâce. Loin de s'imaginer que derrière la vitre qui faisait en l’occurrence office de scène de théâtre, l'ingénue malgré elle frétillait d'autant plus librement. Je me demandais dans un premier temps si cette jolie silhouette se destinait à plonger dans un bain moussant l'Occitane, ou si la belle s'admirait pour s'allonger rassurée dans ce que je devine un somptueux grand lit blanc. Oh surprise ! Séance d'essayage de lingerie sexy à domicile. J'ai posé mon verre apéritif sur la table du salon après en avoir absorbé les derniers centilitres, puis me suis dirigé vers l’interrupteur pour éteindre la lumière. De retour à ma position initiale, libre de tout mouvement et de tout engagement, j'ai exercé une pression sur l'encadrement de la porte afin de la faire glisser davantage vers une plus grande ouverture. En spectateur ordinaire, sans vice ni curiosité malsaine, j'étais aux premières loges du défilé « Que pour toi émoi » de la nouvelle collection des sous-vêtements féminins « Dessous Chics ». Clara, tel sera le prénom de mon modèle, jusqu'alors vêtue que d'une paire de bas rouge vif et motifs non distincts brodés noir, s'est appliquée sur ses précieux seins alertes et volontaires des soutiens-gorge avec et sans bretelles. À l'effet push-up, pour accentuer la détermination séductrice de la poitrine sans complexe. Avec de petits nœuds bleus, rouge ou noir, pour souligner la fraicheur des courbes. En dentelle blanche, laissant apparaître des pointes de chair rose. J'observais ces détails grâce au reflet du grand miroir. De satisfaction, ma jolie Clara s'est mise à sautiller sur un modèle bicolore sans artifice qui sublimait les formes dans le fond. Occupons-nous maintenant de cette harmonieuse et coquine paire de fesses, fières de partager de longues jambes et cuisses malicieusement musclées, avec un creux du dos souple et docile. Je n'avais jamais autant vu de culottes, strings, shorty, guêpières qui offrent un décolleté vertigineux... jarretelles aussi... Tout comme moi, Clara n'est pas trop portée string, elle ne s'est pas particulièrement attardée sur ces bouts de ficelles. Clara est classieuse, elle se réjouit d'une petite culotte blanche taille basse. Heureuse de sa beauté, de la bienveillance de ce morceau de tissu au contour dentelé, elle se caressait délicatement le corps au niveau des zones que la culotte recouvre avec élégance. Sans doute pour le jeu, elle s'est ensuite emmêlée les doigts dans des jarretelles improbables dont je devinais le claquement élastiquement charnel. J'observais dans la glace son sourire enjoué de femme accomplie. Enfin, un petit chat ou une petite chatte toute blanche s'est glissée entre les jambes de Clara. Le félin tournait affectueusement, caressant de sa superbe fourrure les pieds nus de sa maitresse. Soudain, Clara a fait un demi-tour sur elle-même, s'est éloignée de quelques pas du miroir, puis la pièce orangée a brusquement basculé à la nuit noire. Je n'ai pas revu Clara les jours qui ont suivi. Je suis reparti vers la capitale en conservant ce merveilleux show privé bien à l'esprit. Je ne reviendrai jamais ici : Clara-tu là ?

 

Le 27 septembre 2015,
moijedis

 

Clara

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kammerer 12/10/2015 11:00

Une écriture toute en élégance qui laisse votre imagination voguer en toute liberté ...

moijedis 12/10/2015 20:42

Merci beaucoup chère Catherine, ton message est touchant.